18 Apr 2019 | Claudio Di Manao

Étiquette en plongée : le binôme

« Qui est cet homme qui veut nous apprendre à bien nous comporter ? Est-ce qu’on en a vraiment besoin ? » 

La première idée fausse est que le bon sens est une sorte de criquet parlant, prêt à suggérer la meilleure façon de se comporter en toute circonstance. Le fait est que les bateaux et les profondeurs de la mer ne sont pas un environnement familier pour tout le monde, il existe donc toujours le risque de faire un faux pas.

La plupart des codes de conduite ont été créés pour éviter que des malentendus ne déclenchent des duels, des guerres et autres événements fâcheux. Les incidents en plongée sont en général moins dramatiques, mais n’oublions pas que les hélices et l’azote peuvent faire autant de dégâts que les épées et les katanas.

Admettons-le : le comportement de certains plongeurs peut être énervant. Mais par chance, les raisons d’en rire sont nombreuses. Les gaffes et les erreurs sont souvent ce qui déclenche le plaisir et le rire.

Cette série de remarques sur l’étiquette en plongée est le résultat d’une observation attentive des plongeurs, de leur comportement social et, bien sûr, de leur expérience, comme le définissait Oscar Wilde : le nom que nous donnons à nos erreurs.

LE BINÔME DE PLONGÉE

Certains plongeurs ont du mal à le croire, mais la sécurité et le plaisir de plonger reposent tous les deux sur la même base : le système de binôme. Pour faire simple, votre proche compagnon vous offre une réserve d’air supplémentaire et de l’aide. Quatre yeux valent mieux que deux, non seulement pour les contrôles de sécurité, mais aussi pour élargir notre champ d’observation. À deux, on voit plus de choses que seul et on a plus de chance de s’amuser.

Le devoir de tout plongeur est de prendre soin de son binôme et de s’assurer qu’il est à l’aise. Si vous ne le faites pas, il est très probable qu’il vous rende la pareille et vous ignore ou « oublie » de vous signaler le passage de cet incroyable requin-baleine pendant que vous ajustez votre gilet de stabilisation. Ainsi, que vous connaissiez déjà votre binôme ou que vous l’ayez rencontré sur place, le respect et les devoirs restent les mêmes. Si vous ne vous connaissez pas encore, un peu plus de gentillesse vous permettra d’y remédier.

Présentez-vous bien, comme des plongeurs. Ne vous contentez pas d’un beau sourire et d’un « Salut, moi c’est John ». Parlez (brièvement) de vous, de votre expérience, de ce que vous aimez voir sous l’eau. Briser la glace grâce à ces sujets de conversation aidera votre binôme à vous porter plus d’attention et à parler de ses propres plongées et de ses attentes. Demandez-lui où il a plongé et combien de plongées figurent dans son carnet de plongée. Montrez-vous sincèrement intéressé par ses expériences. Connaître les limites de votre binôme vous aidera à éviter les surprises sous l’eau, ou vous rendra plus confiant. Demandez-lui où il préfère se positionner par rapport à vous, car vous devez vous trouver l’un l’autre d’un coup d’œil, en tournant la tête. Les nouveaux binômes sont facilement reconnaissables à la manière dont ils tournent en continu sur trois axes. Si vous connaissez déjà votre binôme, vous n’avez évidemment pas besoin de refaire connaissance avec lui.

Si votre binôme est moins expérimenté que vous, faites preuve d’une grande courtoisie et adaptez-vous à ses capacités et aux limites de sa certification, et non l’inverse. Évitez de le mettre mal à l’aise ou de le mettre dans une situation stressante. Ajustez votre vitesse, votre profondeur et votre rythme en fonction de ses capacités et de sa consommation d’air. Se faufiler à 40 mètres pour admirer une gorgone et laisser son binôme de niveau Open Water à 18 mètres (« mais vraiment pas longtemps ! ») est tout simplement impoli.

Se mettre d’accord sur les signaux sous-marins. Les shakers, les becs de canard et les cercles sont (malheureusement) très courants, et tout le monde sait les reconnaître. Cependant, tout le monde ne sait pas que l’on peut crier dans le détendeur pour se faire entendre. Si vous voulez utiliser ce système, parlez-en avec votre binôme et faites peut-être quelques tests en surface. Attraper quelqu’un par les palmes n’est pas la meilleure option, mais c’est toujours mieux qu’une tape sur la cuisse. Si besoin, l’épaule est le bon endroit pour toucher (doucement) quelqu’un, même sous l’eau.

Communiquer. Montrez à votre binôme ce que vous trouvez intéressant. Évitez cependant de contempler trop longtemps des choses qui, pour votre binôme, seraient moins fascinantes qu’un panneau de signalisation. Dix minutes devant une balle d’artillerie, c’est long si l’on n’est pas un passionné d’histoire militaire.

Par contre, si vous faites équipe avec un photographe sous-marin, demandez au directeur du centre une généreuse remise sur la plongée !

À NE PAS FAIRE

  • Évitez de saisir votre binôme par le tuyau de son gilet de stabilisation s’il a perdu le contrôle et qu’il coule. Inutile d’expliquer pourquoi. Si vous n’êtes pas sûr, il est temps d’envisager de relire votre manuel Open Water, en particulier les sections sur l’équipement et le système de binôme.
  • Évitez les farces et les blagues, comme fermer l’air ou enlever le masque, surtout avec un binôme que vous ne connaissez pas bien.
  • Évitez d’utiliser votre purge pipi (P-valve) lorsque vous êtes trop près de votre binôme. Vous pouvez le faire dans la combinaison, mais uniquement si elle est à vous et qu’elle n’est pas louée.


DERNIÈRES RÉFLEXIONS

Que vous veniez juste de rencontrer votre binôme ou que vous soyez des compagnons de plongée de longue date, ayez toujours la courtoisie de réaliser un contrôle de sécurité, même sur un canot pneumatique : c’est une des règles les plus ignorées. C’est un petit détail, qui prend moins d’une minute, mais qui garantit sécurité et confort.

Abandonner son binôme, que ce soit dans l’eau ou en surface, n’est pas seulement impoli : en cas d’accident, cela peut avoir des conséquences juridiques.

Astuce de Divemaster. Si c’est vous qui organisez la plongée et que vous créez les binômes, une règle d’or est de créer des paires harmonieuses. À moins que des directives particulières du centre de plongée ne s’appliquent (par exemple des personnes qui se connaissent déjà), les experts devraient être avec des experts et les débutants avec des débutants. Je sais que cela peut être plus contraignant pour vous, mais vous pouvez y remédier grâce à la bonne vieille méthode qui consiste à placer plus près de vous les plongeurs qui ont besoin de plus d’attention. Après tout, les plongeurs expérimentés qui ont payé pour la plongée ne sont pas là pour s’occuper des autres : c’est votre travail.

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