05 Dec 2018 | Demi Johnson

Plongée sur l’Um El Faroud

Emplacement : Wied iz-Zurrieq, Malte

Type de plongée : épave

Niveau : plongeur avancé/expérimenté, spécialisé en plongée sur épave

Profondeur maximum : 34 mètres


Si Malte compte parmi les destinations de plongée les plus populaires du monde, aucun autre site de l’île ne parvient à rivaliser avec Um El Faroud. Ce pétrolier libanais de 10 000 tonnes et de 115 mètres de long repose sur la côte sud-ouest de l’île, et est rapidement devenu un paradis des plongeurs.

Le navire fut construit en 1969. Alors qu’il était amarré à Malte, la nuit du 3 février 1995, il subit une énorme explosion de gaz. Cet accident tragique fit neuf victimes parmi les ouvriers du chantier naval, dont les plaques commémoratives apposées sur le pont sont toujours visibles. Le Faroud resta à quai pendant trois ans, jusqu’à ce que l’on décide de le saborder au large des côtes pour servir de récif artificiel. L’épave se situe à présent à environ 200 mètres de la côte, et repose debout sur le fond sablonneux. Brisée en deux lors d’une tempête violente qui s’abattit sur l’île pendant l’hiver 2005, l’épave demeure néanmoins en très bon état.

Briefing

De nombreuses plongées à Malte se font depuis la côte, ce qui est notamment le cas d’Um El Faroud. La plongée commence dans l’étroit canal utilisé par les bateaux qui transportent les touristes vers la « grotte bleue » (Blue Grotto), située à proximité. La navigation jusqu’au site requiert certaines connaissances spécifiques, de telle sorte qu’il est conseillé aux nouveaux venus de passer par un centre de plongée local. Les plongeurs doivent traverser le canal en maintenant le récif à main droite pendant quelques minutes. Ils s’en écartent ensuite pour se diriger vers le large. Mieux vaut rester entrer 5 et 10 mètres de profondeur pendant les 8 à 10 minutes que dure cette nage afin de minimiser sa consommation d’air. Au bout de ce temps, une vaste ombre menaçante commence à se profiler devant vous. La première chose que vous remarquez, à mesure que vous descendez vers la poupe, est l’ampleur de l’épave. De là, il est facile de descendre voir l’hélice, qui se situe à 32 mètres. Remontez ensuite lentement vers le pont, afin d’optimiser votre temps au fond.

Aspects liés à la sécurité

Cette plongée requiert une bonne forme physique. Le parcours à pied jusqu’au point d’entrée, en combinaison humide et avec une bouteille en acier sur le dos, représente en lui-même un exercice relativement ardu, sachant qu’il comprend des marches escarpées. Le temps de nage jusqu’à l’épave doit également être pris en compte. Le trafic maritime constitue un danger supplémentaire : les points d’entrée et de sortie se situant dans le canal, il faut veiller à le traverser à une profondeur d’au moins cinq mètres, ce qui signifie posséder un bon contrôle de sa flottabilité. Comme pour toute plongée profonde, le plongeur doit fréquemment vérifier le temps restant avant l’apparition de paliers de décompression, et observer un long intervalle de surface s’il souhaite réaliser une deuxième plongée sur l’épave le même jour. La température de l’air pouvant monter en flèche, il est important de boire de grandes quantités d’eau. Le plongeur devra en outre penser à terminer son exploration avec suffisamment d’air dans sa bouteille pour effectuer le retour à la nage et le palier de sécurité. Sans oublier le risque d’enchevêtrement que comporte toute épave. Seuls les plongeurs spécialement formés devraient y pénétrer.

Enfin, il est toujours judicieux de vérifier la présence d’un kit oxygène sur le site. Le caisson hyperbare le plus proche se trouve à l’hôpital Mater Dei, près de Valletta, et DAN (dont le siège social se trouve d’ailleurs à Malte) reste toujours joignable en cas d’urgence ou pour fournir un conseil spécialisé.

Conseils photo

L’Um El Faroud attire des amateurs et des professionnels de la photo du monde entier. Les eaux maltaises cristallines représentent une occasion en or pour les photographes, leur offrant une visibilité qui dépasse souvent les 30 mètres. En raison des dimensions de l’épave, il est préférable d’opter pour une optique grand-angle. Et comme toujours, lors de la prise de photos, n’oublions pas de rester vigilants et de vérifier régulièrement notre manomètre et nos paliers.

L’épave abrite une vie foisonnante : il n’est pas rare de croiser des bancs de barracudas au-dessus du navire durant la saison estivale. On peut également dénicher des murènes dissimulées dans les crevasses et les tuyaux, ou encore de minuscules nudibranches accrochés à la faune qui a poussé sur l’épave. Les poissons-napoléons sont normalement au rendez-vous, et de grands bancs de poissons ondoient souvent ci et là.




À propos de l’auteur 

Demi est une monitrice PADI, passionnée des voyages et de l’écriture, qui vit actuellement à Malte. Lorsqu’elle n’est pas sous l’eau, elle raconte ses expériences sur son blog aroundtheworldwithher.com.

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