08 Mar 2017 | Claudio Di Manao

Plongée POP : 007 Opération Tonnerre

Plongée POP. Voyageons dans le temps pour découvrir ce qui a rendu la plongée populaire : voici les personnages, sur papier ou bande magnétique, qui sont devenus des héros de la communauté de plongée.




Avec un milliard de dollars à son actif en 2011, Opération Tonnerre (1965) est le deuxième plus gros succès de la saga des James Bond, après Skyfall. Dans Opération Tonnerre, le cinéma commercial puise abondamment dans les prises de vue sous-marines et ses nombreuses possibilités chorégraphiques.


LE FILM

Un bombardier de la Royal Air Force, l’Avro Vulcan (qui transporte des bombes atomiques) disparaît du radar, puis atterrit comme une feuille sur un fond sablonneux si blanc qu’il ne peut s’agir que des Bahamas. Comme dans le film précédent, Goldfinger, une bombe atomique arrive dans les mains des « méchants » et engendre un énorme chaos que seul Bond est capable de maîtriser. Sean Connery, au mieux de sa forme, échappe miraculeusement d’une piscine grouillant de requins. Dans une autre scène, il « roule une pelle » à Claudine Auger, la Bond girl de service, derrière une formation de corail, laissant sous-entendre au public qu’on peut faire de nombreuses choses sous l’eau. Sans oublier le grande final, une bataille sous l’eau où bons et méchants s’efforcent de couper les tuyaux respiratoires les uns des autres à coups de harpons et de couteaux. Un film qui laisse un goût d’eau de mer, de talc et de vieux néoprène rouge-orange.


STAB ET OCTOPUS

La stab, équipement novateur : le premier gilet de stabilisation de série est apparu au début des années 1970, alors que ce film a été tourné en 1965. Opération Tonnerre est une célébration des plaques dorsales et des sangles Cordura. Sans parler de la source d’air alternative, qui n’est apparue que bien plus tard sur la scène de la plongée.


LA PRUDENCE EST DE MISE

Pour plonger sans gilet de stabilisation, il a fallu aux acteurs faire preuve d’une précision absolue lors du choix du système de lest, et d’un grand talent en matière de contrôle de la capacité pulmonaire. Par ailleurs, l’absence de source d’air alternative signifiait qu’il leur fallait maîtriser le passage d’embout, une technique qu’appréhendent aussi bien les plongeurs novices que les instructeurs.

ATTENTION : les remontées (et les descentes) sont effectuées à une vitesse éclair dans le film, parfaitement en ligne avec l’urgence de la situation, c.-à-d. pour éviter de se faire attaquer ou manger par un requin-tigre. C’est en effet l’absence de stab qui a permis aux acteurs en arrière-plan de se déplacer sous l’eau à l’instar de plongeurs libres. Avec pour résultat qu’ est le film ayant cumulé le plus grand nombre de barotraumatismes pendant le tournage. En d’autres termes : n’essayez pas de les imiter...


FICTION IMPOSSIBLE

Un pilote de bombardier respire à une profondeur de 30 m à l’aide de son masque à oxygène conçu pour l’aviation militaire. Trouvez les deux erreurs.


LÉGENDES URBAINES

Parlons d’un gadget Bond réputé qui tient une place d’honneur dans l’imaginaire des plongeurs : la micro-bouteille à très haute pression... de la taille d’un stylo ! On le voit parfois apparaître dans des blogs, des magazines ou encore des forums dédiés à la plongée. À l’époque, les scènes étaient si convaincantes que l’Armée britannique demanda des renseignements au sujet de ce gadget. « Combien de temps un homme peut-il résister sous l’eau avec ce dispositif ? »,  demanda un officier des Royal Engineers. « Aussi longtemps qu’il puisse retenir son souffle ! », fut la réponse du directeur artistique.


L'HÉRITAGE

Dans Opération Tonnerre, la plongée sort des documentaires pour trouver sa place dans la liste de souhaits d’une société en plein boom économique. L’équipement et les véhicules utilisés, parmi lesquels les ancêtres des scooters sous-marins, firent irruption dans la conscience collective de deux générations : les jouets ainsi que le matériel de plongée véritable commencèrent à monopoliser les vitrines. Opération Tonnerre fut le plus grand film commercial de tous les temps pour l’univers de la plongée.

De nos jours, la plongée est pratiquement absente des films grand public ; elle est vraiment malmenée. Mais entre les années 1950 et 1960, elle fit son chemin dans l’imagination de nombreux auteurs. La plongée permit aux réalisateurs et aux cameramen de tourner en direct des scènes en trois dimensions. En l’espace de quelques années, ce sport s’introduisit dans la culture populaire et fit de nombreux adeptes. Néanmoins, avec le temps, la science-fiction et les voyages spatiaux prirent la place de la plongée dans la conscience collective, remplaçant les paysages sous-marins grouillant de vie avec des intérieurs de vaisseau aseptisés, et avec un rêve bien plus difficile à réaliser, il faut bien l’avouer.




FAITS ET ÉVÉNEMENTS PRÉALABLES

  • Oscar des meilleurs effets visuels en 1966
  • Le plus grand nombre de scènes tournées sous l’eau, environ 40 % du total
  • Le plus grand nombre de plongeurs filmés dans une même scène, environ 60




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